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Fable contre le racisme.Poème d’Olivier de Cornois

Un rat nommé Cisme,
Personnage respectable,
Chasseur d’exorcismes,
Mi-moine et mi-notable
Avait, sur ses frères les rats,
Une influence bénéfique.

Il fut cependant témoin de cette histoire tragique :

Les rats, vous le savez, ont le poil plutôt noir;
Et ceux dont je vous parle vivaient en un manoir,
En bonne intelligence des rongeurs du pays,
Mulots, musaraignes et mesdames les souris.

Jusqu’au jour où survint des confins de la terre,
De ces explorateurs qui franchissent monts et mers,
Une tribu de rats blancs pour fonder un comptoir.
Parmi tous ces rongeurs, dans les caves du manoir

Deux couleurs diférentes…la haine s’installa.
De la haine à la guerre…il n’y avait qu’un pas.
Il fut vite franchi…massacre épouvantable,
On en trouva partout…dans les lits, sous les tables.

Frère Cisme, de son trou, en personnage austère,
Ne voulait s’en mêler et préférait se taire.
Mais voyant à quel point cette guerre empirait
Décida d’un débat où chacun parlerait.

Il monta donc en chaire et fit taire l’assemblée,
Et pour montrer l’exemple, se mit à l’illustrer :
“Regardez donc mes frères, le contour de vos ombres,
Y voyez-vous des choses qui les différencient ?

Et sachez cependant que dans toutes vos tombes,
Pelage noir ou blanc de chaque rat est gris.”

Le commerce des hommes comme celui des rats,
Aurait beaucoup besoin de ce rat Cisme là,
Qui, de quelques paroles de couleurs bien précises,
Ferait qu’à l’au-delà les guerres soient remises.

Olivier de Cornois

J’ai eu le privilège d’enregistrer la voix d’Olivier récitant son poème. J’ai alors recherché quelques images pouvant l’illustrer et ai fabriqué un petit diaporama. Si vous voulez le visionner cliquez sur le bouton “Play” de l’image suivante :

Olivier vit maintenant sur une péniche flottant sur la Seine.
Il m’a demandé de communiquer son N° de téléphone pour que ses amis prennent contact avec lui.
C’est au 06 78 84 98 55

Discours-poême de Pablo Neruda
 Meurt lentement

Celui qui ne voyage pas,

Celui qui ne lit pas,

Celui qui n’écoute pas de musique,

Celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.
 
 Meurt lentement

Celui qui détruit son amour-propre,

Celui qui ne se laisse jamais aider.
 
 Meurt lentement

Celui qui devient esclave de l’habitude

Refaisant tous les jours les mêmes chemins,

Celui qui ne change jamais de repère,

Ne se risque jamais à changer la couleur

De ses vêtements

Ou qui ne parle jamais à un inconnu
 
 Meurt lentement

Celui qui évite la passion

Et son tourbillon d’émotions

Celles qui redonnent la lumière dans les yeux

Et réparent les coeurs blessés
 
 Meurt lentement

Celui qui ne change pas de cap

Lorsqu’il est malheureux

Au travail ou en amour,

Celui qui ne prend pas de risques

Pour réaliser ses rêves,

Celui qui, pas une seule fois dans sa vie,

N’a fui les conseils sensés.
 
 Vis maintenant !

Risque-toi aujourd’hui !

Agis tout de suite !

Ne te laisse pas mourir lentement !

Ne te prive pas d’être heureux ! “

 

 Traduction d’un discours de Pablo Néruda - Prix Nobel de littérature 1971

Mort en 1973, comme Salvador Allende, au moment où le

sinistre Augusto Pinochet prenait le pouvoir. 

 
   

Purcell a créé une oeuvre funèbre pour l’enterrement de la reine Mary (petit échantillon en cliquant ici).

Quelques années plus tard, l’ambitieux Haendel envoie à la reine Anne une composition qu’il intitule "Ode pour l’anniversaire de la reine Anne". (hasard ou inspiration?) .Il a par ailleurs créé une suite pour clavecin comportant une "sarabande". Ce mot, contrairement à son sens populaire d’aujourd’hui, désigne un morceau lent.( extrait ici )Curieusement on y retrouve la tonalité de l’oeuvre de Purcell (hasard ou inspiration ?).

L’histoire ne s’arrête pas là : Stanley Kubrick, qui avait déjà utilisé une version orchestrale de l’enterrement de la reine Mary dans "Orange mécanique", reprend la "sarabande" de Haendel en version orchestrale pour "Barry Lyndon" et place cette musique dans les passages les plus sombres, notamment pendant le duel entre Barry et le fils de sa femme.

J’aime aussi beaucoup cette musique. J’ai extrait de deux livres des photos illustrant les deux aspects contraires de l’humanité, son côté sombre, culminant avec les images insoutenables du massacre à la baïonette des "collabos" au Bangladesh d’une part, puis l’aspect réconfortant de la maternité et du regard plein d’nnocence des enfants.

Ces photos, dont certaines sont célèbres, ne m’appartiennent pas. Je me suis permis de les utiliser à titre non commercial car je considère qu’elles ont une valeur universelle. Pour les accompagner j’y ai placé la célèbre "sarabande"



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Téléchargez-les ici.

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Si vous voulez voir le diaporama cliquez sur l’image ci-dessous:(soyez patient, il y a 3 M à charger la 1ère fois)

 Pour télécharger le diaporama et le visionner chez vous :

Diaporama

(Intérieur Nuit)

 

 Noir.



J’ai peur de l’ombre

Qui envahit ma mémoire.

Comme dans ces nuits sombres

Où les éclairs illuminent les ténèbres,

De la nuit surgissent les chimères du passé : Maman !

J’ai peur du noir ! Ce n’est rien mon petit, Je suis là !

Où ça ? Quelque part… Des yeux bleus me regardent…

Ceux de ma femme, de cette fille aux yeux clairs qui m’a donné ces beaux enfants.

Où sont-ils maintenant ?

Mon univers s’est brisé en mille éclats qui viennent transpercer mon âme.

Ces mots d’un poème surgissent du passé :

« Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire » …

C’est de qui ça ? Je ne sais pas, je ne sais plus…

J’aimerais dormir, rêver peut-être …

(Encore une réminiscence…)

Bonjour Madame, qui êtes-vous ?

Pourquoi pleurez-vous ?

Ce n’est rien, il ne faut pas

Avoir peur du noir …

C’est si reposant !



Adieu !



Dieu ?

 Jean Sudarovich

  

 

 

 Je marcherai vers mon épitaphe

Traversant ces brumeuses contrées

Immaculées d’amour.

Je chercherai le chant des sirènes

Qui me conduira au château sans nom.

Je foulerai d’un pas sûr

la passerelle rouge et frémissante

sans même m’apitoyer

sur ma liberté déchirée, hurlante

au delà de la rive, abandonnée.

Puis au sein de ce gigantesque foyer

J’atteindrai la séduisante alcôve,

La seule capable d’apaiser mon corps meurtri

Et oh ! vision suprême !

A genou sur sa couche noire

Je boirai au calice du diable.

Hélène Sudarovich