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Il y a  quelques mois j’envoyais sur You Tube une vidéo que j’intitulais  Paris avant Mai 68.

Cette vidéo a été vue prés de 1500 fois ! Sans doute les mots de "Paris" et "Mai 68" sont suffisamment attractifs ?

Parmi les commentaires que ma vidéo a sucité, il y en a un qui m’a amusé. Je vous le livre "brut de décoffrage" :



"Très réactionnaire! La paix d’âme avant mai 68 c’est le conservantisme, le moralisme, les habitudes de la vielle societé de classe, la "France profonde". La beauté c’est le desordre; la beauté n’est pas l’ancien régime, mais la communication directe et pratique entre les individus, c’est-à-dire, révolution!"



Bon le type qui a écrit ça a sans doute raison, je suis bien devenu "réactionnaire" puisque je me tourne de préférence vers le passé mais la seule chose qui me distingue encore de mon commentateur c’est sans doute la tolérance. Après tout, une des devises de Mai 68 disait : "il est interdit d’interdire".

Voici ma vidéo envoyée à You Tube



Vous remarquerez qu’à la fin du clip, You Tube, en se servant des mots-clé associés à ma vidéo, diffuse une série de vignettes de vidéos comportant des mots-clé semblables, donc se rapportant à Paris et Mai 68. Cela vous donnera la possibilité de revoir certaines images et films de l’époque.

J’ai entrepris un travail de longue haleine : scanner tous mes vieux négatifs photos et même certains ayant appartenus à mon père ou mon beau-père qui datent des années 1940!

Grâce au logiciel gratuit Picasa j’ai constitué des albums qui sont disponibles en ligne. La plupart sont publics, c’est à dire que n’importe qui peut les consulter, d’autres sont "privés" et ne sont lisibles que par les personnes que j’autorise.

Voici, dans le tableau ci-dessous, ceux qui sont accessibles à tous :


   
 Les Karajas  Paris ancien
   
 Photos années 70  Sélection divers
   
   

L’intérêt principal de cette expédition fut pour moi la découverte de la nature à l’état "sauvage". Quelques années plus tard j’ai participé à un "safari" au Kénya : comparée à notre expédition au Brésil c’était une douce promenade touristique! Au Mato Grosso, nous vivions au milieu de la nature au sens propre : pas d’électricité, pas d’humains à des kilomètres à la ronde. Nous étions armés de revolvers portés à la ceintute (comme dans les "westerns") pour palier à toutes mauvaises rencontres : crocodiles, jaguar, ou … bandit de grands chemins. En ce qui concerne le banditisme dans ces régions, il ne s’agit pas de criminalité organisée ; c’est plutôt celle de la misère. Ne pas être armé - et ne pas montrer qu’on l’est- est une tentation pour quelqu’un qui veut s’approprier vos biens dans une région où la densité de forces de police au kilomètre carré est quasimént nulle. Si vous êtes tué, vous disparaissez dans l’immense forêt et il y a peu de chance qu’on vous retrouve jamais. On mettra votre disparition sur le compte d’un accident en forêt ou celui d’un crime commis par un indien. A ce propos, dans les réserves comme l’ile du Bananal, occupée par les indiens Carajas, les indiens avaient à cette époque le droit d’exercer leurs droits coutumiers, notamment celui des "crimes d’honneurs" consécutifs à une insulte familiale. Les "autorités" faisaient une sorte de "rappel de la loi" et passaient l’éponge pour la première fois mais la récidive voyait s’appliquer la loi brésilienne, à condition qu’on puisse mettre la main sur le coupable, ce qui s’avérait plus difficile que d’interpeler quelqu’un dans le maquis corse!

Les distractions principales étaient la chasse et surtout la pêche.



On voit ci-contre mon père pêchant à la traine un poisson typique des lagunes sud-américaines, appelé "tucunaré" reconnaissable à son point noir sur la queue. C’est une pêche assez sportive car le poisson est très combatif. Sa chair est excellente et réputée au Brésil.

Les bas de ligne doivent être en fil d’acier car de temps en temps on attrape des piranhas dont les dents auraient vite raison de n’importe quel fil de nylon.











Le gros poisson avec les bandes grises est précisément un tucunaré (famille des cichlidés). Au premier plan, avec le ventre orange, c’est un piranha. Contrairement à l’image véhiculée par la lecture de Spirou ce n’est pas un tout petit poisson et les plus gros spécimens peuvent atteindre le kilo. Pour enlever l’hameçon on a intérêt à avoir des gants de cuir et une pince.













On peut aussi tomber sur des monstres comme la terrible gymnote ou anguille électrique. Ses décharges peuvent atteindre 800 volts. Elle s’en sert pour paralyser les poissons mais une de ses décharges peut renverser un homme. Dans ces terres souvent inondées où le bétail se déplace en pataugeant on raconte qu’une gymnote peut même faire tomber une vache!

Entourant une gymnote prise par notre équipe on me voit sur cette photo à droite, équipé de mon appareil photos.





 

Il y a aussi des poissons qui sont de véritables "fossiles vivants" . Ils ont traversé des centaines de millions d’années sans évoluer car ils vivent toujours dans un milieu proche de celui du "carbonifère" des dinosaures : climat tropical, lagunes encombrées riches en déchets végétaux et animaux. Leur bouche en forme d’aspirateur fouille la vase à la recherche de nourriture. Les possesseurs d’aquarium connaissent des versions de tailles plus modestes qui nettoient le fond de l’aquarium des déchets que laissent les autres poissons.










Le camion d’assistance est quasiment indispensable quand on s’aventure dans les régions désertiques de l’intérieur du Brésil. (Désert au sens "humain" bien sur… car il n’y a QUE des arbres!)

Parmi les matériels qu’il emporte il y a les bateaux : très utiles pour se déplacer dans la forêt. Lorsque les véhicules ne peuvent plus aller plus loin c’est avec des bateaux qu’on voyage. La photo suivante montre l’emplacement idéal trouvé par ce magasin-bazar-bar-restaurant : à l’endroit où on peut traverser le fleuve à gué, il bénéficie à la fois des clients routiers et fluviaux ; de plus, en hauteur sur un talus, il risque moins d’être emporté par les crues du fleuve.



Il faut aussi emporter son carburant. Certes, les stations-services jalonnent les pistes principales mais quand on s’en éloigne il n’y en a plus. Les véhicules tout terrain et les bateaux ne pourraient plus s’approvisionner.

Il faut aussi des tentes et du matériel de cuisine, ainsi que de l’eau car même si on en trouve en quantité dans la nature, de nombreuses maladies  sévissent dans ces régions, transmises par des parasites aquatiques. Ceux qu’on ingère sont redoutables, voire mortels, mais d’autres s’infiltrent sous la peau. Bien que plus bénins, ils sont trés désagréables! (Leurs larves se nichent sous la peau, s’y installent et creusent de petits galeries sous-cutanées qui finissent par s’infecter en mal blanc. )

Le choix du bivouac est important. Au bord de l’eau, bien sur, mais aussi pas trop loin d’une piste car le camion n’est pas un engin tout terrain.

Nous avions choisi le bord d’une lagune interne de l’ile du Bananal, lagune trés "contractée" à la saison séche mais qui recouvre une grande partie de l’ile pendant la saison des pluies. Cette caractéristique de "contraction" fait que la densité de poisson y devient considérable, ces derniers étant piégés par le retrait des eaux. Cela explique les pêches miraculeuses qu’on y fait en quelques heures.

     

On voit sur les 2 photos ci-dessus la tente de mon père et moi (en bleu) et celle de Michel, un ami qui nous accompagnait. Faisaient aussi partie de l’expédition :

  • un major de l’armée brésilienne (intéressant pour le contact avec la FUNAI qui gère les territoires indiens)
  • Un ami de mon père, grand amateur de pêche
  • Le chauffeur du camion et son aide
  • un cuisinier

Si ajoutent donc les 2 Sudarovich (mon père et moi) et un grand ami de mon père : Michel.