J’ai entrepris un travail de longue haleine : scanner tous mes vieux négatifs photos et même certains ayant appartenus à mon père ou mon beau-père qui datent des années 1940!

Grâce au logiciel gratuit Picasa j’ai constitué des albums qui sont disponibles en ligne. La plupart sont publics, c’est à dire que n’importe qui peut les consulter, d’autres sont "privés" et ne sont lisibles que par les personnes que j’autorise.

Voici, dans le tableau ci-dessous, ceux qui sont accessibles à tous :


   
 Les Karajas  Paris ancien
   
 Photos années 70  Sélection divers
   
   

On pourrait penser que ces lieux éloignés seraient préservés des mauvaises influences de notre civilisation. Le mythe du "bon sauvage" cher à Jean-Jacques Rousseau restera un rêve de philosophe ; nous avons exporté tous nos travers partout dans le monde, comme le montrait Michel Honorin dans ses reportages sur les indiens d’Amazonie. ci-contre une "buvette" installée aux abords de Santa Isabel, sur le fleuve Araguaia. A la tombée du jour cela se transforme en boite de nuit-bordel où viennent "danser" de jeunes métisses soucieuses d’arrondir leurs revenus. La nuit encore, le personnage central accoudé au bar se transforme en "travesti" brésilien afin qu’il y en ait pour tous les goûts! Vers la fin du séjour nous fûmes envahis par des fourmis, attirées par nos restes de nourriture. Rien ne résiste à ce type d’invasion spectaculaire : une vraie marée noire! Certes cela n’a rien à voir avec les images des films de terreurs dans lesquels les hommes sont dévorés vivants mais l’insistance de ces petits bestioles à occuper un territoire est assez irrésistible pour qu’on déménage illico. Un groupe d’indiens carajas qui nous avaient observé silencieusement et à notre insu depuis le début du séjour se manifesta au moment du départ.  L’un d’eux, un métis indien-brésilien, parlait portugais et nous pûmes ainsi communiquer. Nous leur avons laissé nos restes de provisions d’aliments de bases (farine de manioc, riz, pomme de terre, sel) et ils en étaient très contents.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ils sont repartis avec ces provisions sur une petite pirogue très fine dont on se demandait comment elle ne chavirait pas.
En cliquant sur la photo ci-contre vous pourrez l’agrandir et voir les 2 tatouages circulaires traditionnels qui sont la marque des indiens carajas ainsi que le trou à la base de la lèvre inférieure, dans lequel est introduite une plume de perroquet ara lors des cérémonies rituelles. (On voit cette plume dans la photo du cacique des carajas dans mon article précédent.)Il faut noter aussi la grande ressemblance entre tous ces indiens, résultat des mariages consanguins, ce qui ne favorise pas la pérennité de la race…
Mon père pose avec les visiteurs pour la "photo-souvenir"

N.B Ces images ne sont pas très nettes car elles sont extraites d’un film 8 mm (capturé ensuite par une caméra numérique pour le conserver) Je vous livre ci-après des extraits de la fin de mon film. Les images ne sont pas de très bonne qualité car elles ont subies de nombreux traitements.Vous noterez la vie simple et près de la nature de la population de Santa Isabel Do Araguaia. Remarquez aussi l’adresse du petit enfant de 6 ou 7 ans enfourchant au galop un cheval monté "a cru". Le vrai "far west" c’est maintenant là-bas!

Les indiens de l’ile du Bananal appartiennent à la tribu des carajas (ou Karajas) l’un des 15 peuples amérindiens. Vivant au bord du fleuve Araguaia, sur des terres inondables, toute leur vie est rythmée par celle du fleuve et de ses cycles annuels :

  • montée des eaux
  • terres inondées
  • reflux
  • étiage

En période de crue la pêche est difficile; Par contre, lors du reflux et de la saison sèche, les petites mares regorgent de poissons "piègés" dans un espace réduit.

L’univers fluvial fournit aux Karajas tout ce dont ils ont besoin pour vivre: bois pour l’habitat et les pirogues, roseaux pour les flèches utilisées pour la capture du poisson, fibres de palmier pour fabriquer filets et nattes, herbes pour la médecine traditionnelle, colorants naturels et autres matériaux utiles à la confection de multiples objets, peignes, colliers, etc.

Lors de notre visite le chef des Karajas (on dit le "cacique") s’était mis en frais pour les photos (en fait il vit en jeans). Il nous a montré fièrement le réfrigérateur installé dans sa case, offert par les autorités brésiliennes, et qui servait de simple armoire de rangement faute d’électricité (il y avait une option "pétrole" qu’il n’utilisait pas).



En suivant grâce à Internet le devenir de ces populations j’ai appris que les brésiliens, jamais en retard de projets "pharaoniques" envisageaient de transformer un million et demi de kilomètre carrés ( 3 fois la France!) en monoculture de soja destiné à l’exportation notamment vers l’Europe. Déjà la "Trans-amazonnienne" a mis quelque peu à mal le sort de nombreuses tribus indiennes.

Parallèlement, et pour économiser les coûts de transport de cette production de soja, il est prévu de désenclaver ce secteur par l’aménagement de plus de 2500 kilomètres de voies navigables sur trois grands fleuves : Araguaia, Tocantins et Rio das Mortes.

Bref, 20000 indigènes vivant en symbiose avec les fleuves risquent de faire les frais des intérêts économiques internationaux et sont peut-être condamnés au musée.

On me voit sur la photo ci-contre pas peu fier de poser à côté du cacique avec mon chapeau de broussard de l’armée française et la poitrine bardée d’appareils photo et caméra!

Diaporama sur l’ile de Bananal

En 1971 mon père, qui travaillait alors au Brésil, organisa une expédition dans l’ile du Bananal.

Voici un petit extrait de mon album personnel. (Cliquez sur le bouton "Play" du visualiseur)

Photo 1 : dernier poste d’essence avant d’entrer dans la forêt. Au retour c’est dans ce poste que Joao est mort, brûlé.



Photo 2 : Plus de route, on passe à gué.

Photo 3: Arbre en fleur dans le sertao

Photo 4: La pêche à la traine

Photo 5: Echantillon des poissons (ventre orange = Piranha; rayé = Tucunaré)

Photo 6: Aruanas

Photo 7: poisson cuirassé ("abutuado" en brésilien)

Photo 8: Rio Javahe

Photo 9: Lessive et bain (au mileu des piranhas)

Photo 10: Les enfants participent aux tâches ménagères

Photo 11: Coucher de soleil sur la lagune du Bananal



Musique : extrait de la Suite populaire brésilienne de Villa-Lobos.

 

 

Joao





L’expédition fut endeuillée par la mort accidentelle de Joao, le chauffeur du camion qui transportait le matériel de l’expédition. Au retour, alors qu’il faisait une halte, il a accidentellement mis le feu à ses vêtements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Brésil est un pays bizarre, où certaines choses bougent très vite (la politique, les taux d’intérêts) et d’autres sont comme figées dans le temps. Le pays n’avait pas de structures touristiques en 1971, en dehors de Rio et des états du Sud, plus riches. Aujourd’hui un effort est fait en direction des états du Nord. Voici un lien sur un site dédié au Tocantins, état créé en 1989 : cliquez ici . A l’époque la situation des indiens carajas n’était pas enviable, malgré la protection de la FUNAI (Fundaçao National dos Indios). Les indiens étaient poussés à quitter la forêt et à se rassembler dans des villages "modernisés". En fait les huttes avaient des toit en tôles ondulées ce qui n’était évidemment pas l’idéal sous le soleil des tropiques. Le chef ("cacique") caraja nous avait fait visiter fièrement sa hutte. Le gouvernement lui avait offert un réfrigérateur qui ne fonctionnait pas faute de courant et dont il se servait comme armoire de rangement pour les objets qu’il vendait aux quelques touristes de passage. Apparemment leur situation est encore critique si j’en juge par cet article de janvier 2004.

Le chef des Karajas en 1971

(Lancer la vidéo en cliquant sur "Play")

Voici quelques images du chef des carajas en 1971. La qualité médiocre s’explique parce c’est une copie video d’un film en 8 mm de ma collection . Je l’ai obtenue en filmant la projection sur un miroir à 45 degrés et en la capturant par une caméra numérique. Ces quelques images montrent l’attitude fière de cet homme et dénote sa qualité de chef. Souhaitons longue vie aux indiens d’Amérique !